The making of OĻO
Directed by : Éric Tessier
Edited by : Hélène Bédard
Music by : Martin Gauthier
Sound by : Sylvain Vary, Pierre Bertrand
Festival International du Film sur l’art et éducatif de Paris 2004.
BEST DOCUMENTARY ON ART
Roma Art Doc Fest 2005.
BEST DOCUMENTARY
Artfest Film Festival, Harrisburg, PA, USA, 2005.
Nomination : Best documentary Catégory Arts/Culture
Golden Sheaf Award, Yorkton, Saskatchewan.
Pour sa version courte : « Peinture Volante »
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For the past 11-and-a-half years, Éric Tessier (Sur le seuil, Vendus) followed the artist Simon Goulet in creating OÏO. >From this, he has created two documentaries:
ELEVEN YEARS OF COLOURS (Original French Title: ONZE ANS DE COULEURS)
Betacam, 43 minutes, 2004, in French with English subtitles. For 11 years, Éric Tessier followed artist Simon Goulet throughout the creative process resulting in OÏO. Fun, surprising, anecdotal… this document tells of the inventiveness, creative madness and perseverance of an artist and his team, and makes the audience want to see OÏO over and over to better take in all its richness. The documentary chronologically traces the artistic, technical and financial processes of Simon Goulet, from original idea to the music of René Dupéré, not to mention the particularly complex filming and editing required
PAINT TAKES FLIGHT (Original French Title: PEINTURE VOLANTE)
Betacam, 17 minutes, 2004, in French with English subtitles. This documentary highlights the artistic process of the OÏO project, the choice of colours, movements, editing and music.

Denis-Noël Mostert (Caméra) |
Éric Tessier (Réalisateur) |
Simon Goulet |
Sylvain Vary (Preneur de son) |
Last day of shooting, February 2003.
Complete Credits
MOT DE ÉRIC TESSIER
Ça m'a toujours renversé de constater combien une idée simple en apparence peut s'avérer difficile et complexe à réaliser. Car quelle était l'intention de Simon Goulet lorsqu'il a entrepris la réalisation de OÏO? Réaliser une peinture abstraite en mouvement. Lancer de la peinture dans les airs, la capter sur pellicule, puis agencer les couleurs liquides et mouvantes ainsi obtenues de manière à composer un tableau abstrait, une «cinépeinture». Simple non?
Or il n'en n'est rien. Et croyez-moi, je suis bien placé pour le savoir. Car lorsqu'en 1992, autour d'une bière - ou plutôt autour de plusieurs bières - je proposais à Simon de le suivre pendant les différentes étapes de la réalisation de son film, j'étais loin de me douter que j'allais en avoir pour onze ans!
Maudite boisson!
Onze ans donc, à sortir la caméra à chaque moment charnière de la réalisation de OÏO afin de rendre compte de la démarche artistique de Simon, de ses recherches incessantes de financement, des essais et des erreurs, des découvertes, des avancées, des reculs, des moments d'encouragement et de découragement, etc. Et tout cela pour neuf minutes de peinture volante!
Quand on y pense, il y a quelque chose d'un peu fou à cet acharnement sans relâche, à cet entêtement indéfectible - qualités qu'on doit d'ailleurs trouver chez tous ceux qui réalisent les idées les plus folles. À sa mesure, Onze ans de couleurs nous fait pénétrer dans cette dynamique très particulière qui caractérise la réalisation d'un projet complexe et ambitieux et tente de nous en faire goûter l'essence.
Onze ans de couleurs, c'est aussi la rencontre de personnages. Car avec le recul, je ne peux m'empêcher de les trouver très particuliers, ces patenteux qui «gossent» des 2 X 4 ou qui passent des heures à programmer des logiciels pour arriver à la réalisation d'une œuvre qui transcende complètement la nature de ses procédés de fabrication.
Il y a là un contraste saisissant. Et ce n'est pas le seul car l'aventure de Simon en offre plusieurs. Or j'ai tenté, avec ce film, d'en révéler quelques uns. Contrastes entre le concret et l'abstrait, entre la mécanique à ressorts et la technologie numérique de pointe, entre les moyens de productions modestes et l'ambition démesurée du projet, entre la peinture et la pellicule etc.
Enfin, lorsqu'on résume onze années de travail en 43 minutes, le passage du temps se fait inévitablement sentir. À mesure que le film progresse, je trouve particulier de constater le vieillissement des visages, l'amélioration de la qualité de l'image - alors qu'on passe du vieux format vidéo 8mm analogue à celui du Béta SP etc. Et cette progression du temps se reflète dans l'exécution même du travail de Simon qui, par exemple, a su s'ajuster et tirer parti de l'avènement de la technologie numérique afin de pousser plus loin la réalisation de son film. Car souvenez-vous, en 1992, Jurassic Park n'était même pas encore sorti et les solutions numériques n'étaient pas envisageables financièrement!
Au delà de tout ça, et c'est le plus magique sans doute, lorsqu'on voit OÏO, l'expérience est saisissante et l'émotion inévitable. Pourquoi? Est-ce parce qu'en définitive, on nous y raconte une «histoire»? Qu'on y fait un voyage? Qu'on y retrouve un peu de nous même? Qu'en pense l'artiste? Qu'en pensent ceux qui l'ont aider à réaliser son film? Ce sont là quelques une des questions que j'ai abordées dans Onze ans de couleurs. En espérant que ce film vous permette d'apprécier encore plus le travail de Simon Goulet.
Bonne projection!
Éric Tessier

